L'aqueduc

 

A l’époque gallo-romaine, la ville de Saintes était reliée aux communes environnantes par les aqueducs qui alimentaient les thermes et les fontaines publics de Mediolanum Santonum. L’eau courante a été amenée à Saintes par 2 aqueducs successifs. Un 3ème conduit vient d’être mis au jour en 2010.

 

Le plus ancien - construit sans doute sous le règne de l’empereur Tibère vers l’an 20 avait son origine dans notre commune de Fons Copertus, exactement à la Font-Morillon. Il resta en service une cinquantaine d’années tout au plus.

 

Le débit de ce canal était modeste : 3000 m3 par 24 heures à l’état de neuf, mais le dépôt de concrétions calcaires le réduisit progressivement. Pour donner à la conduite une pente régulière, on construisit de grands ouvrages d’art: le pont des Arcs, avec 27 arcades (la plus haute s’élevait à 16 m au-dessus du thalweg) sur 160 m de long environ ; la galerie souterraine du Plantis des Neuf Puits, où le canal était établi jusqu’à 16,60 m sous la surface du sol, et surtout le pont de Hautmont dont les 62 arches enjambaient une vallée de 400 m de longueur et s’élevaient jusqu’à 29 m de hauteur.

 

Cet aqueduc fut remplacé par la suite par un ouvrage plus important. On capta pour les conduire à Saintes les eaux abondantes des fontaines du Douhet et de Vénérand ; elles coulaient dans 2 dallots de béton recouverts de dalles plates. Ces deux canalisations se rejoignaient dans le Vallon de la Tonne. L’eau gagnait ensuite Fontcouverte par un canal souterrain. L’aqueduc courait dès lors à côté de la canalisation primitive qui était désaffectée, sauf au passage des anciens ouvrages d’art qui furent réutilisés au prix d’une surélévation des parois du canal.

 

Dans la section du Plantis des Neuf Puits au Pont de Hautmont, les deux conduits restèrent simultanément en usage, car la pente insuffisante du terrain ne permettait pas au nouvel aqueduc d’absorber le nouveau débit (près de 20000 m3 par jour). En réalité, certaines sections étaient de construction médiocre, et par suite, les infiltrations sans doute très importantes, ajoutées au dépôt de concrétions calcaires sur les parois le réduisirent vraisemblablement à moins de 8000 m3 en fin d’utilisation.

 

La présence de cet aqueduc a intrigué de tout temps archéologues et ingénieurs. En revanche, il était familier à la population locale sous le nom de " la dalle ".

Malheureusement, les dalles de couverture des conduits et les pierres des arches furent abondamment ré-employées pour de nouvelles constructions ou pour l’empierrement des chemins.

 

Golf

Golf

 

Depuis quelques années, les recherches ont repris sous l’impulsion de la Société d’archéologie et d’histoire de la Charente-Maritime qui a fouillé plusieurs sites permettant d’affiner les connaissances concernant ces aménagements hydrauliques. Les résultats sont régulièrement publiés dans les Bulletins et dans les Cahiers de l’aqueduc.

 

Aujourd’hui, il ne reste plus que 2 piles, en mauvais état. Cependant, les travaux entrepris pour étendre le golf Rouyer-Guillet de 9 à 18 trous ont permis, dans un premier temps de dégager les arches restantes, puis de les mettre en valeur en les intégrant dans le parcours du golf. Ce qui en fait son charme et son originalité !

 

L’ aqueduc est classé au titre des Monuments historiques depuis 2011 dans son intégralité.

 

Un projet global pour l’aqueduc

 

L’aqueduc gallo-romain fait l’objet d’une étude destinée à le protéger, le valoriser et le restaurer. Les acteurs locaux sont mobilisés autour de ce projet collectif. Une étude globale, financée par la Communauté de Communes du Pays Santon, vient d’être lancée.

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